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André Machayékhi passe son enfance d’écolier à Montmartre dont il a gardé les racines et, à 7 ans, part vivre pour plusieurs années en Iran, à Téhéran. Il découvre la peinture persane ; cette rencontre avec l’art de la miniature aura plus tard une place particulière dans son inspiration, sa création. Le penchant précoce qu’il manifeste pour les arts est du goût et au diapason de sa famille : sa grand-tante ne lui cède-t-elle pas solennellement sa boîte de peinture à l’huile dont elle espère bien qu’il reprenne l’usage… Ce qu’il ne manque pas de faire, parallèlement à des études et quelques diplômes paresseusement décrochés en arts plastiques et langues orientales. Si bien qu’à l’approche des années 80, ayant épuisé jusqu’à l’insipide la fameuse « enfance de l’art », mélange de formation, d’errances et de satisfactions factices, se pose à lui la question de la légitimité de la peinture dans sa continuation.
Sa peinture est comme une poésie en acte,  pas seulement une expression de quelque chose mais une poésie réalisée. « Le poème symphonique Shéhérazade de Rimski-Korsakov m’a éclairé par rapport à ce que je voulais faire en aquarelle, rendue à elle-même, et capable tout autant de se faire écho des évènements du monde ».  Dans les années 80, Il invente une technique à base d’essence et de pigments, appelée « essence sur papier ». Procédé original, imprégnation dans le corps du papier sans trace d’impulsion, l’essence sur papier joue avec les saveurs et leur alliance de contraires, empruntant certains principes d’immanence propres à la peinture chinoise, mais d’une chimie toute différente de l’eau et de l’encre et capable de manifester bien d’autres états d’âme et fictions.